Au-delà de l’identité, la communauté d’expérience

Cette semaine, j’ai découvert le témoignage de Zora1.

Ça commence quand elle a 11 ans. Elle est dans sa chambre. Et là, tout débute. Un long parcours, qui résonne avec bien d’autres.

Zora ne se définit pas comme intersexe mais j’ai pensé utile de participer à la visibilisation de son écrit. Je suis convaincu qu’il peut servir à beaucoup de personnes. Qu’elles se reconnaissent comme intersexe ou pas n’est pas la chose la plus importante à mes yeux. Qu’elles s’interrogent sur leur légitimité à utiliser ce mot non plus. Le plus important, là, tout de suite, c’est la question de la communauté d’expérience.

 

article 27 - anna anthropyImage du jeu « Dys4ia » de Anna Anthropy

 

Ce qui m’a marqué à la lecture de ce témoignage c’est l’impression de solitude qui se dégage. Ni les ami·e·s, ni les parents, ni les médecins ne sont des personnes ressources. Il y a un vide. Le vide de ne pas avoir un groupe de pairs avec qui partager. Ce qu’il y a à partager c’est :

– le fait d’avoir un corps qui est perçu comme différent voire qui est disqualifié et rejeté du fait du poids des normes sur le plan des caractéristiques sexuelles primaires et/ou secondaires

– le fait d’avoir des taux hormonaux atypiques

– le fait de subir des examens médicaux dont certains sont invasifs sans avoir d’explications sur leurs finalités ; entendre des bribes de mots, sentir qu’il se passe quelque chose ; plus tard, comprendre que les médecins cherchaient des testicules internes, une hyperplasie des surrénales ou encore autre chose

– le fait d’avoir été traité·e de manière objectifiante, comme un morceau de viande sans vie psychique, sans émotion

– le fait d’être confronté·e à des médecins qui savent, ou plutôt qui pensent savoir, et qui sont maltraitant·e·s dû fait de ce positionnement

– le fait d’avoir un diagnostic qui aide peut-être à mettre en forme quelque chose qui n’avait pas de nom, qui du coup peut soulager un peu, mais qui éloigne souvent la possibilité de voir les convergences avec d’autres personnes ayant subi des parcours similaires mais pas identiques

le soulagement de pouvoir trouver des informations sur internet, de pouvoir lire des éléments alternatifs aux discours de la plupart de ses interlocuteurs médicaux, de pouvoir échanger avec d’autres personnes qui ont une expérience voisine ou similaire.

Pour en savoir plus, pour échanger, pour trouver du soutien, pour militer :
Vous pouvez contacter Zora sur Twitter ou sur Facebook.
Vous pouvez contacter le Collectif Intersexes et Allié·e·s par Twitter, Facebook ou par son site.

___________________
1. https://zora.itch.io/sopk

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